Du haut de son mètre 83, le grand belfortain ne se départi de sa timidité que sur la glace, lorsqu’il danse avec sa partenaire depuis 20 ans, Isabelle Delobel. Le couple, qui n’en est un que dans son sport, vivra à Vancouver ses 3e et dernières olympiades. A la fin de l’hiver, il prendra sa retraite : « ça fait un long moment qu’on est sur le circuit », explique Olivier Schoenfelder. On a fait une belle carrière, on va essayer de finir en apothéose, avec la seule médaille qui nous manque, la médaille olympique ».
Pour Schoenfelder et Delobel, qui ont vécu leur début de carrière internationale dans l’ombre de leurs illustres aînés, Gwendal Peyzerat et Marina Anissina, les premières marches des podiums sont venues sur le tard. En 2007, ils décrochaient l’or des Championnats d’Europe. En 2008, c’était l’or mondial.
Reste à conquérir celui des JO, et leurs premières expériences en la matière n’ont pas été à la hauteur de leurs ambitions. En 2002, ils avaient terminé 14e à Salt Lake City, et 4e à Turin, en 2006. Vancouver se présente pour eux comme une revanche, un dernier baroud d’honneur. Le défi sera d’autant plus délicat à relever que les deux patineurs n’ont plus participé à une compétition depuis fin 2008. Isabelle Delobel a été opérée d’une épaule en janvier 2009. Elle a ensuite donné naissance à son premier enfant, en octobre dernier. Un « imprévu » qu’il a fallu gérer, en pleine préparation olympique. La future maman a donc patiné jusqu’au 7e mois de sa grossesse, et repris le chemin de la patinoire 3 semaines après la naissance de son fils. Depuis, c’est une course contre la montre qui s’est engagée : « C’était une grosse surprise parce que ça n’était pas prévu », reconnaît Olivier Schoenfelder. Ca rend le challenge plus délicat. Une fois le choc passé, on a décidé d’y aller. On fait le maximum pour être prêts le jour « J » ». Les Jeux seront donc la première apparition officielle du couple cette saison puisqu’il a renoncé aux championnats d’Europe, en janvier pour préserver « l’effet de surprise » de son nouveau programme libre. En danse originale, ils présenteront un French-Cancan et patineront en libre sur une chanson de Brel, « la Quête ». « On a choisi un folklore de notre pays et une chanson qui prend aux tripes », explique Olivier. « Elle reflète notre histoire. »